Edition 2016

Le ministère de la Culture et de la Communication annonce le lancement de la 12e édition des Portes du temps pendant les vacances scolaires 2016. Pour ce rendez-vous des jeunes avec les patrimoines, 35 000 jeunes sont attendus dans plus de 130 sites partout en France. Des formes inédites et ludiques d'appropriation des lieux patrimoniaux leur sont proposées, ils pourront découvrir l’archéologie, l’architecture, les collections muséales, les monuments historiques, à travers des pratiques artistiques dans les domaines du spectacle vivant, des arts plastiques, des arts numériques et multimédias.

Pour un rendez-vous avec les patrimoines

À l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, Les Portes du temps invitent les jeunes publics (enfants et adolescents) à découvrir les sites patrimoniaux et à s’approprier leur histoire.

Ce programme vise à créer un dialogue en profondeur et durable avec les publics éloignés des dispositifs culturels classiques. Ainsi, Les Portes du temps comptent parmi les dispositifs mis en place pour lutter contre les fractures sociales et territoriales par une éducation citoyenne, artistique et culturelle.

Avec ces objectifs, les professionnels de la culture et de l’éducation populaire rivalisent d’imagination et misent sur l’expérimentation, renversant les frontières disciplinaires pour ouvrir le dialogue. Histoire des arts, dessin, musique et danse conversent avec l’art du jardin, les sciences et les pratiques sportives. Ici, l’exploration patrimoniale s’accompagne d’une réflexion sur l’intolérance et les discriminations. Là, la création d’images et de vidéos aiguise le regard sur les médias et l’information.

Un geste culturel fondateur

Investir le patrimoine constitue un geste fondateur pour les jeunes, afin que ce patrimoine n’appartienne pas qu’au passé, et que l’on se sente autorisé à se l’approprier. L’objectif premier des Portes du temps est que l’enfant ou l’adolescent développe une familiarité avec le site, son environnement culturel, son histoire.

C’est le rôle des médiateurs qui, chaque année, réinventent ces Portes du temps, dans le cadre de partenariats avec les centres de loisirs, les centres sociaux, les maisons des jeunes et de la culture, les Francas, les foyers ruraux, et de nombreuses autres structures d'accueil pour des publics souvent éloignés des lieux culturels.

Initialement conçu pour les groupes d’enfants et de jeunes, le dispositif concerne également de plus en plus les familles grâce au succès des initiatives expérimentales engagées lors des précédentes éditions. Le « Pass ambassadeur », qui permet à chaque jeune d’inviter sa famille, est ainsi un élément-clé de ce dispositif et lui donne tout son sens en permettant aux jeunes de transmettre à leur tour.

Pour la 12e édition, une fidélité au dispositif, dans tous les territoires

Depuis sa création en 2005, les Portes du temps ont accueilli plus de 350 000 jeunes de 4 à 18 ans.

Cette année encore, de nombreux lieux répondent à l’appel du ministère de la Culture et de la Communication : musées, centres d’archives, monuments historiques, sites archéologiques ou encore villes et pays d’art et d’histoire.

Signe de la vitalité de l’opération, ce sont ainsi 98 projets qui se déploient dans plus de 130 sites pour cette 12e édition. Certains d’entre eux sont aujourd’hui présents depuis dix années consécutives, ou même plus, comme Fontainebleau.

A noter, une mobilisation plus forte chaque année des départements d’outre-mer, à travers des projets qui portent sur un patrimoine local bâti ou immatériel : Mayotte est présent pour la première année avec le patrimoine immatériel du village de Moinatrindri ; le centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de la Ville de Saint-Laurent du Maroni, en Guyane, rejoint à nouveau le dispositif ; deux associations (Virgul’ et l’AMISOP) restent fidèles en Martinique, avec un projet à l’échelle de la Caraïbe ; et La Réunion propose cette année deux projets différents, à destination des jeunes des quartiers prioritaires des communes de Saint-Pierre et Saint-Louis.

Avec l’entrée de nouveaux territoires dans le cartographie de la politique de la Ville, Les Portes du temps voient aussi se développer de nouveaux projets, comme ceux portés pour la première fois dans le Jura par la maison commune de Lons-le-Saunier et la maison du peuple de Saint-Claude.

Culture, innovation et citoyenneté

La très grande diversité des projets déployés sur tout le territoire exprime l’inventivité des professionnels de la culture et de la jeunesse.

Autour du patrimoine, des projets mettent en avant la construction dans ses aspects architecturaux ou techniques. C’est le cas pour la Saline Royale d’Arc-et-Senans, avec l’architecture et l’urbanisme, ou pour le Palais du Tau, à Reims, qui propose une programmation autour du béton, matériau de la charpente des tours de la cathédrale. A l’Abbaye Royale de Fontevraud, les jeunes expérimenteront, lors d’un stage de 4 jours consécutifs, le mapping architectural. D’autres sites travaillent sur la déconstruction, à l’instar du MAC-VAL, notamment avec l’artiste Yan Tomaszewsk ou, pour l’espace public, l’artiste Eric Gouret.

Les projets sont appuyés sur un patrimoine bâti mais aussi, de plus en plus, sur un patrimoine immatériel. Pour 2016, deux patrimoines immatériels de l’Unesco seront ainsi à l’honneur, les Ostentions Limousines, avec la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment, et la Fête de l’Ours, dans les Pyrénées-Orientales, avec les Francas du département.

Les projets font le plus souvent appel à un croisement de disciplines artistiques, renforçant le caractère exceptionnel de l’expérience et de la découverte. L’outil numérique, sans constituer la finalité des projets, devient un support pédagogique de plus en plus présent. Son usage ouvre de nouvelles perspectives de médiation à des disciplines classiques, telles que l’écriture (projet de l’Ile de la Cité à Paris avec le CMN), la création sonore (musique électroacoustique au Château de Mayenne, atelier pour les 3-5 ans à Saint-Etienne avec les Francas) ou la photographie (Light Painting à Mulhouse avec les Francas, photographie de fantômes au Château de Pierrefonds, confrontation de cyanotypes avec des selfies au Fort de Condé avec la Cie Acta Fabula, ...). Le lien entre techniques antiques et techniques numériques peut même donner lieu à un programme entier, comme sur le site de Glanum, qui propose aux jeunes de revisiter la notion de traces archéologiques avec des outils numériques déjà anciens (gameboy, cassettes) et des techniques antiques (mosaïque).

À propos des Portes du temps

Lancée en 2005 par le ministère de la Culture et de la Communication, l’opération Les Portes du temps est organisée en partenariat avec le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et le Commissariat général à l’égalité des territoires dans le cadre des objectifs communs en faveur de la cohésion sociale, de l’intégration et de l’accès des publics défavorisés à la culture.

Elle bénéficie de l’appui des directions régionales des affaires culturelles (DRAC), des directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) et des directions départementales de la cohésion sociale (DDCS), du soutien des préfectures au titre de la politique de la ville, des collectivités territoriales, du Centre des monuments nationaux (CMN), de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais (Rmn-GP), des musées de France, et des diverses institutions patrimoniales.

Les séjours des jeunes sont à l’initiative des centres de loisirs, des centres sociaux, des Maisons des jeunes et de la culture (MJC), de la fédération nationale des Francas, de la Confédération Nationale des Foyers Ruraux (CNFR) ou d’autres structures d'accueil.

Ce projet du ministère de la Culture et de la Communication contribue à l’objectif d’un meilleur accès de tous à une culture partagée.